2015 : Sortie dans le sud-est de la Creuse – sur les traces des pelletiers

Samedi 18 avril 2015 : Sortie dans le sud-est de la Creuse – sur les traces des châteaux, maisons, usines et chapelles des pelletiers de Crocq (Mautes, Saint-Bard, La Villeneuve, Crocq, St-Oradoux-près-Crocq, Basville…)

Une centaine d’adhérents se sont retrouvés le samedi matin à la salle polyvalente de la Villeneuve, au cœur du pays des pelletiers de Crocq. Le programme de la journée était chargée : un exposé pour donner les grandes lignes de l’histoire, les acteurs et les usines, suivi d’une découverte sur le terrain d’un ancien lieu de production et de quelques résidences et dernières demeures. S’inspirant du travail réalisé dans l’ouvrage de l’histoire de la pelleterie et s’appuyant sur un diaporama, Roland Nicoux a présenté succinctement les « Bonnes affaires, beaux mariages et les grandes familles » qui ont écrit cette page d’histoire économique de la Creuse : les Cougny, Chapal, Girodias, Bernard, Billaud, Barnoncel, Fillias, Bardinon …. D’emblée, il a précisé qu’il limitait son propos à l’étude de l’héritage patrimonial bâti dans la Creuse en établissant un parallèle entre la réussite professionnelle des entrepreneurs du bâtiment et celle des pelletiers, du milieu du XIXe au milieu du XXe siècle, sans aborder l’industrie même de la pelleterie, ses techniques et ses productions. La projection d’une série de photos de châteaux, maisons bourgeoises, chapelles et tombeaux, tous situés à La Villeneuve et dans les communes environnantes, a permis d’attribuer à chacun des propriétaires des constructions d’architectures diverses, toutes symboles de réussite marquées par un désir plus ou moins affiché de paraître et de laisser une trace. Ces pelletiers, pour la grande majorité originaires de familles de migrants maçons et tailleurs de pierre, ont marqué leur passage dans leur pays natal, comme l’on fait les entrepreneurs du bâtiment ; la règle pouvant se résumer en une formule : un grand domaine, un château et un beau tombeau.

La Villeneuve 008bLe château du Rocher à La Villeneuve

La visite a commencé par le château de Sannes situé sur la commune de Mautes, reconstruit par André Billaud à la fin du XIXe siècle. Mme Claire Barbier, auteure du roman Peau de lapin, a accueilli les participants et a commenté l’histoire de l’évolution du domaine et des bâtiments. Le cadre est remarquable et les constructions sont fort bien entretenues. Retour à La Villeneuve pour la 2ème visite et c’est Mme Solange Pasquier qui accueille le groupe au château du Rocher. De type dit « éclectique », le château a été construit vers 1910 par Emile Chapal, le fondateur des établissements Chapal aux Etats-Unis de 1881 à 1932 et l’associé de ses 4 frères. C’est une réalisation ambitieuse par ses dimensions et son caractère, inscrite au cœur d’un parc où cohabitent communs du château et jardins à la française, à l’anglaise avec étang et jardins de rocaille. Les matériaux utilisés pour sa construction proviendraient de Sermur et l’entreprise de maçonnerie était creusoise.

Sannes3bLa grange du château de Sannes

Si la grande majorité des usines de traitement des peaux et de fabrication des fourrures étaient sur Paris et la banlieue plus les Etats-Unis, quelques pelletiers ont installé des usines dans la Creuse, la plus importante étant à Crocq. Jacques Longchambon attendait les visiteurs au Point du Jour et s’est chargé de retracer l’histoire de ce site industriel de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui en insistant sur les activités encore en place, pourvoyeuses de quelques emplois.

IMG_1719WLe quartier du point du jour à Crocq –
le groupe attentif aux commentaires de Jacques Longchambon

L’après-midi, après les résidences et les usines, il restait à découvrir quelques tombeaux et chapelles caractéristiques. La dernière demeure doit afficher une appartenance religieuse ou idéologique et l’architecture suivre l’évolution dominante ; les sépultures des pelletiers sont dans l’esprit des résidences et montrent souvent leurs réussites. C’est dans les cimetières de La Villeneuve et Saint-Bard que l’on retrouve la plus grande diversité d’architecture mêlant chapelle catholique néo-médiéval avec façade en marbre blanc, chapelle positiviste néo-classique avec colonnes en granite poli et fronton à l’antique ou tombeau commémoratif. Lors de la tournée, les participants ont eu le plaisir d’être reçu à Mallleret dans la maison remarquablement restaurée d’un de nos adhérents. Ancienne chaumière d’un maçon-paysan, elle a été recouverte en ardoises de Travassac, rejointoyée au mortier de chaux et l’intérieur a été repris, de fond en comble, en lui conservant son cachet : plancher en bois, sol en tomettes, menuiseries, enduits et mobiliers. Un petit détour au cimetière a permis de découvrir la superbe croix fleurdelisée classée Monument historique.

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Malleret3Pendant la visite à Malleret

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